Prix de l'essence : pourquoi ça baisse (ou pas) vraiment à la pompe

Prix de l'essence : pourquoi ça baisse (ou pas) vraiment à la pompe

On entend souvent dans les médias que le prix de l’essence baisse. Bonne nouvelle ? Pas toujours pour notre portefeuille. Car même quand le baril de pétrole chute, le prix à la pompe ne suit pas forcément. Pourquoi ? Explications.

Le prix du pétrole : la base… mais pas toute l’histoire

Le prix de l’essence à la pompe dépend en grande partie du prix du baril de pétrole brut sur les marchés internationaux. Quand le prix du pétrole chute, on pourrait s’attendre à voir automatiquement le prix de l’essence baisser. Parfois c’est le cas, mais pas toujours… Et souvent avec un décalage dans le temps.

-         Les taxes, le gros morceau dans le prix à la pompe

En France, les taxes représentent plus de 60 % du prix final de l’essence. Oui, plus de la moitié de ce que vous payez, c’est pour l’État : TVA, TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), et autres prélèvements. Ces taxes ne baissent pas quand le pétrole baisse.

Autrement dit, même si le baril baisse de 10 %, votre prix à la pompe peut rester stable car la part des taxes ne bouge pas.

-         Raffinage, transport, distribution : la chaîne qui coûte aussi

Après le pétrole brut, il faut le transformer en essence. Cela passe par les raffineries, la distribution, les transporteurs, les stations-service… Chaque maillon de la chaîne a son coût, qui lui non plus ne baisse pas toujours immédiatement.

Ces coûts fixes, parfois même augmentent à cause de facteurs comme la hausse des salaires, des carburants pour les camions de livraison, ou des investissements dans les stations.

-         Le temps, facteur clé du prix à la pompe

La baisse du prix du pétrole met souvent du temps à se répercuter à la pompe. Entre le moment où le prix baisse sur les marchés et celui où les stocks de carburant sont écoulés et remplacés à moindre prix, il peut s’écouler plusieurs semaines.

Du coup, vous pouvez continuer à payer un prix élevé pendant un moment, même si le pétrole est déjà moins cher.

-         Influence des événements internationaux

Les tensions géopolitiques, les décisions de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole), ou les crises sanitaires (comme le COVID) influencent aussi les prix. Parfois, une baisse est annoncée, mais une crise survient et fait remonter les prix.

Pourquoi parfois ça ne baisse pas ou peu ?

  • Taxes fixes et réglementées : elles ne bougent pas au gré du marché.
  • Stocks anciens : les carburants en stock à prix élevé doivent être écoulés avant d’en acheter à bas prix.
  • Coûts fixes : raffinage, distribution, stockage, salaires, investissement…
  • Stratégies commerciales : certaines stations retardent la baisse pour préserver leur marge.

Alors, pourquoi le prix baisse-t-il (ou pas) vraiment à la pompe ?

Parce que le prix du pétrole n’est qu’une partie de l’équation. Taxes, raffinage, logistique, temps de répercussion, événements internationaux… tous ces facteurs jouent.

La prochaine fois que vous entendez une bonne nouvelle sur la baisse du pétrole, ne vous attendez pas forcément à la voir en baisse immédiate à la pompe. Mais gardez en tête qu’à moyen terme, les baisses finissent par arriver, même si ce n’est pas toujours aussi vite ou aussi net qu’on voudrait.